De la retraite à la direction générale : le parcours de Craig Aitchison, un véritable patriote

Catégorie
Expéditions
Date
October 14, 2026
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Plus tôt cette année, notre PDG, Nick Booth, a eu l’incroyable occasion de soutenir la communauté des vétérans à l’échelle internationale. Nick a accepté une mission de six mois à Canberra pour le ministère des Anciens Combattants de l’Australie, afin de conseiller la création d’un nouvel organisme de pointe chargé de représenter et de coordonner les besoins des vétérans et de leur famille.

Durant cette mission, le major-général (à la retraite) Craig Aitchison a agi à titre de PDG par intérim de True Patriot Love.

Vétéran ayant pris sa retraite en 2023 après près de 40 ans de service, Craig a mené une carrière militaire marquée par des rôles de commandement au sein du Royal Canadian Regiment et de l’ensemble de l’Armée canadienne. Il a notamment été déployé dans l’ex-République de Yougoslavie, en Afghanistan et en Irak, et a occupé des postes de haut niveau, dont celui de directeur de l’infanterie et de commandant général adjoint de l’armée américaine en Alaska.

De la retraite dans les Maritimes à une expédition en montagne

Dès février, après une transition très complète avec Nick, Craig était déjà à pied d’œuvre, s’envolant de son domicile dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick pour participer au camp d’entraînement de l’expédition de True Patriot Love au mont Waddington en Colombie-Britannique. Puis, en juin, Craig est retourné en Colombie-Britannique pour se joindre à l’équipe composée de six chefs d’entreprise civils et de huit vétérans dans le cadre de l’un des programmes phares de la fondation.

Les expéditions de True Patriot Love sont de puissants outils de croissance personnelle pour les vétérans et les militaires en transition, ainsi que des activités de collecte de fonds qui unissent les Canadiens. L’expédition Waddington a permis de recueillir plus de 694 000 $ à ce jour pour soutenir des programmes destinés aux vétérans, aux militaires et à leur famille partout au Canada.

Mais avant et après l’expédition du mont Waddington, l’horaire de Craig était rempli de rencontres avec divers partenaires et intervenants de la Fondation : donateurs, ministres et organismes de bienfaisance qui soutiennent la communauté militaire. Il a assisté au lancement du Plan d’action national sur le bénévolat des vétérans à Ottawa par True Patriot Love, a participé à un événement pour les donateurs au NCSM York à Toronto, aux événements de la série de leadership Goddard 2026, ainsi qu’à de nombreuses réunions de l’équipe de direction.

Alors que Craig terminait son mandat de PDG par intérim, nous avons discuté avec lui de son rôle au sein de True Patriot Love, de sa « retraite ratée » et de ce qu’il a appris sur la transition vers la vie civile, sur la montagne et en dehors.

Q : Qu’est-ce qui vous a attiré dans la responsabilité d’occuper le poste de PDG par intérim ?

La communauté des vétérans me tient énormément à cœur, car je suis issu d’une famille militaire et j’ai des milliers de connaissances et d’amis proches qui servent.

C’était très intimidant au début. Avant de prendre ma retraite, je n’avais eu que deux emplois : j’ai travaillé sur la ferme familiale et j’ai été dans l’armée. Je n’avais jamais travaillé dans une organisation ayant la responsabilité de recueillir des fonds, car j’ai grandi au sein d’une organisation financée par l’État. Rien que cela représentait un changement énorme.

Mais l’une des choses que je pensais pouvoir apporter était mon leadership exécutif : savoir comment diriger une organisation et soutenir la prise de décision. Je ne connais pas nécessairement tous les enjeux, mais je peux être informé des dossiers, recevoir des recommandations et acquérir les connaissances nécessaires pour contribuer à la prise de décision. C’est là que je savais que je pourrais apporter de la valeur, et bien sûr, grâce à ma relation avec la partie en uniforme de l’écosystème avec laquelle True Patriot Love interagit. Il est également devenu très clair, très rapidement, que l’équipe de True Patriot Love était très engagée, travaillante et experte dans son domaine.

Q : Sur le plan personnel, que signifiait pour vous l’expédition du mont Waddington ?

Mon expédition était différente de celle des autres pour plusieurs raisons. Je suis à une étape différente de ma vie par rapport à certains autres vétérans. Je n’étais pas là uniquement en tant que participant. [En tant que PDG par intérim,] j’avais des responsabilités de leadership et de prise de décision pendant notre séjour. Ce que j’ai apprécié et retenu de ce voyage, c’est simplement le fait d’être présent, sans être distrait par toutes les décisions qui devaient être prises au quotidien.  

Les exigences physiques de l’expédition étaient bien réelles, et les longues montées ardues étaient effectivement longues et difficiles. Les conditions dans lesquelles nous évoluions n’étaient pas faciles. Il y avait beaucoup de neige fondante et humide, et comme nous étions à la fin juin, nous sommes passés de l’été à l’hiver en un clin d’œil. Mais il faisait beaucoup plus chaud que ce que tout le monde avait prévu. Je suis tellement content d’avoir glissé un t-shirt dans mon sac à dos, car je l’ai porté pendant six des huit jours que nous avons passés là-bas !

Nous avons eu deux jours de pluie, alors nous nous sommes rassemblés sous les deux grandes tentes qui servaient à entreposer l'équipement et la nourriture. Quand on a froid, qu'on est mouillé, qu'on a faim et qu'on n'a rien d'autre à faire, il se crée un certain niveau de complicité.

La meilleure partie, et de loin, a été l'interaction humaine avec ce groupe formidable réuni autour d'un objectif commun. C'était vraiment fascinant de voir des cadres supérieurs du monde des affaires canadien interagir avec des personnes ayant servi dans l'infanterie et au combat, qui se trouvent maintenant à une étape différente de leur vie, puis d'écouter les vétérans raconter les situations les plus absurdes qu'ils aient vécues, que ce soit en Afghanistan ou à Wainwright. L'armée comporte son lot d'absurdités. C'est l'humour qui en découlait et le fait de voir les liens se tisser à travers ces récits qui ont rendu l'expérience vraiment spéciale.

Q : Quel serait votre argumentaire éclair sur la valeur des expéditions de Sans Limites?

Il se crée une magie grâce aux conditions établies par ceux qui planifient et dirigent ces expéditions. Cela a un impact très clair tant sur les personnes que sur les objectifs des expéditions, qui consistent en partie à tisser des liens et à aider les gens dans leur transition, mais évidemment aussi à recueillir des fonds pour les partenaires de programme avec lesquels nous travaillons afin d'aider la communauté que nous soutenons.

Je pense que l'expression qui résumerait le mieux cette expédition serait « transformatrice ». Nous prenons des gens, nous les éloignons de tout soutien et de la civilisation, nous leur confions une tâche difficile, puis nous regardons tout se mettre en place, chaque personne ayant un rôle à jouer. Je crois que tout le monde est reparti de ces expériences en se sentant différent et meilleur.  

Et puis, il y a ces liens dont je parlais entre ces civils très accomplis et ces vétérans qui ont eux aussi beaucoup de succès. Le plus jeune vétéran avait la trentaine; les relations qu'il a nouées pendant l'expédition auront sans aucun doute un impact sur sa vie future.

Q : Pour revenir au tout début, quelles ont été vos motivations pour entamer une carrière dans les Forces armées canadiennes? 

Nous avons déménagé au Nouveau-Brunswick en 1983, quand j'avais 15 ans. Mon père était en service à l'époque; il venait tout juste de prendre le commandement du bataillon d'infanterie ici, à Gagetown.  

Mon frère aîné avait 17 ans et il s'est joint à la réserve quand nous avons emménagé ici. Nous fréquentions la même école secondaire, donc nos cercles sociaux se chevauchaient; beaucoup de ses amis étaient mes amis, et beaucoup de ses amis étaient dans la réserve.

Je n'ai pas beaucoup vu mon père durant mon enfance parce qu'il était très occupé par son travail. Mais je voyais à quel point il aimait ce qu'il faisait et à quel point il était doué. C'était un homme très sociable et les personnes sous sa responsabilité l'adoraient. Nous l'avons constaté lorsqu'il a pris sa retraite et lorsqu'il est décédé : l'élan d'affection a été incroyable.  

Quand j'ai eu l'âge requis, je me suis joint à la réserve. J'ai passé deux ans et demi comme soldat de réserve ici à Fredericton, j'ai fait plein de choses intéressantes, notamment du travail à temps plein à la base à l'École d'infanterie, des activités liées à la famille royale et d'autres choses amusantes. Ce sont probablement les deux facteurs principaux qui m'ont poussé à passer dans la Force régulière à 19 ans. C'était quelque chose qui m'attirait, mais cela a été renforcé par l'expérience de mon frère, de mon père et par le fait d'avoir grandi dans cet environnement.

Q : Soutenir les membres des Forces pendant leur service et lors de leur transition à la vie civile est une priorité pour Sans Limites. En tant que vétéran récemment retraité, quel est votre point de vue sur la transition?

La transition est différente pour chacun. Mon frère a servi pendant 33 ans. Il a pris sa retraite en tant qu'adjudant-maître un vendredi, et le lundi suivant, il commençait à travailler comme agent de sécurité. Il occupe maintenant un poste de superviseur, mais il travaille toujours à temps plein.

Je savais 10 ans avant de prendre ma retraite que je quitterais à l'été 2023. Je m'étais enrôlé à 16 ans. Je partais à 55 ans parce que c'était l'âge de la retraite obligatoire quand je me suis enrôlé, bien que ce soit maintenant passé à 65 ans. Mon plan était d'aller à l'école de cuisine et d'ouvrir un camion-restaurant. Ce plan a à peine survécu à la réalité.

Je n'ai toujours pas trouvé ma voie. Quand les gens me demandent comment se passe la retraite, je leur réponds que je suis en train de rater ma retraite.

Q : Selon vous, quels sont les enjeux clés pour les personnes qui quittent les Forces?

L'armée est très efficace pour vous mener du point A au point B et vous dire : « D'accord, bienvenue dans cette nouvelle organisation. Nous allons vous intégrer. » Mais personne ne vous intégrera à la retraite. Vous êtes livré à vous-même.

À mesure que vous approchez de cette transition hors de l'uniforme, vous devez aussi commencer à penser sérieusement à votre santé. Faire partie des armes de combat est une profession physiquement exigeante. Sauter en parachute fait mal à chaque fois; peu importe la douceur de l'atterrissage, vous finirez par vous blesser. Tant que vous êtes dans le système, vous avez accès à de meilleurs soins de santé que lorsque vous le quitterez.  

Vous devez vous assurer que lorsque vous ne recevrez plus de chèque de paie de la Couronne, vous aurez soit assez d'argent pour arrêter de travailler, soit un plan pour compléter ce revenu de retraite afin de pouvoir maintenir le mode de vie que vous souhaitez.

L'identité est aussi une chose incroyablement complexe, particulièrement pour les personnes qui servent publiquement, et j'y inclus les premiers répondants dans leur ensemble. Vous passez du statut d'agent de police à celui de non-policier, ou de soldat à celui de non-soldat. Il y a beaucoup de choses qui se rattachent à cela.  

Commencez à penser au bénévolat avant votre retraite, car cela facilite cette transition de plusieurs façons, notamment en vous amenant à vous demander : qui êtes-vous et qui voulez-vous devenir? Cela nous ramène à ce que nous avons appris dans le Initiative de bénévolat des vétérans, à savoir que le sens, l'engagement, le sentiment d'appartenance sociale et les liens avec la communauté sont essentiels au moment de la retraite.

Q : Nous avons adoré vous avoir dans l'équipe! Comment comptez-vous rester en contact avec True Patriot Love?

Une fois que vous voyez ce qu'est cette fondation, ce qu'elle fait et l'impact qu'elle a sur la vie des gens, je ne connais personne qui pourrait s'en éloigner.  

J'ai offert mes services bénévoles au sein du comité de gestion des risques, plus particulièrement pour ce qui est des expéditions. J'ai été invité à participer aux événements Vimy 110 en tant que représentant militaire, ce qui est un peu intimidant, pour être honnête. Mais quelle belle façon de faire découvrir notre histoire et la fondation aux Canadiens, tout en redonnant à la communauté.

En fin de compte, tout repose sur les gens : prendre soin d'eux, s'assurer qu'ils sont soutenus et qu'ils ont ce dont ils ont besoin, peu importe la forme que cela prend. Il est très gratifiant de savoir que l'on peut être une force positive dans la vie de quelqu'un et l'aider à atteindre son plein potentiel. Tout tourne toujours autour des gens.

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